Article de Présent du samedi 22 juin 1985 par Pierre Sidos :

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Mon père a été fusillé le 28 mars 1946, dans l’ère improprement nommée « Épuration », où s’est accomplie l’élimination physique d’un grand nombre de fidèles du maréchal Pétain par leurs adversaires politiques.

Il a été exécuté sous un gouvernement à direction socialiste, après avoir été condamné à mort deux mois et demi auparavant, sous la pression du parti communiste, alors que De Gaulle était président du Conseil.

En 1944, il avait été pendant quelques mois l’un des inspecteurs généraux adjoints  au maintien de l’ordre. L’inspection générale au maintien de l’ordre étant un organe administratif officiel dépendant du ministère de l’Intérieur d’alors.

Il était âgé de 56 ans. Père de six enfants, dont l’aîné Jean était mort au champ d’honneur, le 16 juin 1940, à l’age de 20 ans, dans des conditions particulièrement héroïques, à Bouglainval, proche de Chartres. Le plus jeune, Henri, tombera au combat en Algérie, près de Philippeville, le 14 mars1957, à l’age de 25 ans.

Officier de réserve, titulaire de la Légion d’honneur à titre militaire, de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1914-1918, il est encore inscrit sur le « Livre d’or des soldats de Verdun » sous le n°16.066. Au moment de sa mise à mort il demanda vainement de commander lui-même le peloton d’exécution. Il est tombé, sous des balles françaises, en criant « Vive la France ! ».

Son arrestation avait été accompagnée de l’emprisonnement de toute le famille, y compris des grands parents maternels âgés de 75 et 70 ans ; avec le placement momentané dans un établissement de l’Assistance publique des deux plus jeunes enfants, ayant respectivement 11 et 8 ans.

Le vol de l’alliance de ma mère, titulaire de la médaille de la famille française ; le pillage et l’occupation illégale de la demeure familiale ; les privations, humiliations et tourments physiques sont des faits difficilement racontables dans le détail, mais dont les auteurs sont identifiables parfaitement. La passion partisane ou le banditisme vulgaire l’emportaient alors sur le patriotisme national invoqué.

« Cette orgie d’horreurs », que dénonçait Victor Hugo en 1876, au lendemain de la Commune de Paris, est réapparue cette fois dans toute la France à l’époque de l’irrémissible disgrâce de l’épuration « entre guillemets ».

Comme pour Jean-Baptiste Clément, auteur de la chanson Le temps des cerises écrite en référence à l’impitoyable répression qui fit suite à l’écrasement de la Commune : « C’est de ce temps-là que je garde au cœur une plaie ouverte ».

En annexe : la dernière lettre de François Sidos, le 28 mars 1946 :

« Mon Aimée,

Mes chers enfants,

Après avoir été injustement et illégalement condamné, ma grâce est refusée.

Je vais être dans quelques minutes, non pas exécuté mais assassiné.

Je laisse ce crime sur la conscience de ceux qui l’ont perpétré.

Mon fils François, tu trouveras dans le dossier remis à Me Villeneau les preuves de mon innocence et des précisions sur les faux témoignages. Je te laisse ainsi qu’à tes frères le soin de me venger.

Je vous dis Adieu, mes chers tous que j’ai tant aimés.

Pour toi, ma femme adorée, ma fidèle compagne des bons comme des mauvais jours, toutes mes pensées. Sois courageuse, continue à élever nos enfants dans le chemin de l’Honneur.

Qu’ils conservent la mémoire de leur père qui va mourir étant toujours resté honnête homme, bon citoyen et bon français.

Adieu tous.

Je vous embrasse une dernière fois.

Qui vive… ? France ! quand elle sera débarrassée de tous ceux qui la déshonorent. »

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Article de Présent du samedi 14 janvier 1995 par Alain Sanders :

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Une famille française :

S’il fallait un jour, résumer les heurs et malheurs de notre pays à travers la  saga d’une famille française, l’histoire de la famille Sidos, famille française héroïque jusqu’au sacrifice, serait emblématique.

Pierre Sidos est né à Saint-Pierre-d’Oléron le 6 janvier 1927. Les origines de la famille Sidos ? Elles plongent leurs racines dans les Pyrénées, en Corse, en Normandie, dans les Charentes. Une famille française, très française, dont l’histoire se confond avec l’épopée coloniale, la pénétration en Indochine, la mise en valeur de l’Algérie et de Madagascar.

Camarade de combat de Paul de Cassagnac, le grand-père maternel de Pierre Sidos était bonapartiste. Ses grands-parents paternels appartenaient d’ailleurs à la gauche nationale avec, comme maîtres à penser, Blanqui, Fourrier, Drumont.

En 1940, la mort s’abat sur la famille Sidos. Le frère ainé de Pierre, Jean, oppose une résistance héroïque pour sauver de la destruction une petite bourgade de l’Eure, Jean tombe. Face à l’ennemi. Les Allemands, impressionnés par l’héroïsme de ce jeune homme âgé de 20 ans, lui rendront les honneurs militaires.

Le père de Pierre, François Sidos, haut fonctionnaire du gouvernement du Maréchal Pétain, ami de Pierre Taittinger et de Philippe Henriot, est affecté au ministère de la Justice, puis de l’intérieur en 1943. Ce combattant de Verdun, né à Mouzaïaville (Algérie française) en 1889, sera arrêté en mai 45. Condamné à mort, il est fusillé – à La Rochelle, berceau de la famille Sidos – le 28 mars 1946.

En 1957, un autre frère de Pierre, Henri Sidos, magnifique figure de soldat français, para en Indochine, compagnon de Roger Holeindre, tombe au combat en Algérie.

Pierre Sidos, victime des fureurs « épuratrices », sera interné en 1944, à l’âge de 17 ans, au camp du Struthof. Après de longues années d’internement, il est libéré. En 1951, il fonde le mouvement La Jeune Nation. De 1951 à 1958, ce mouvement sera véritablement le fer de lance du combat pour le maintien de la présence française outre-mer.

Le manifeste de Jeune Nation proclame notamment que « le seul régime politique conforme à intérêt français est l’État nationaliste, populaire, autoritaire et hiérarchisé ».

Véritable bête noire des marxistes de toute obédience, traqué par les polices politiques, haï par les puissances d’argent, le mouvement Jeune Nation va être dissous le 15 mai 1958. Pierre Sidos rappel à ce propos :

« Cette dissolution fut le seul acte du gouvernement Pfimlin, le dernier de la IVe République, pour lutter contre la révolte d’Alger ! ».
Privé de structure, Pierre Sidos ne baisse pas les bras. Il publie un journal, Jeune Nation qui, très vite, va battre tous les records de saisies et de poursuites.

En janvier 1959, il fonde le Parti nationaliste. Le 6 février, ce nouveau parti tient « meeting » à Paris devant des milliers de participants. La réaction gaulliste ne se fait pas attendre : à la demande de Soustelle et de Debré, le gouvernement fait interdire – dès le 12 février – le Parti nationaliste.

C’est alors le combat pour l’Algérie française qui va occuper totalement Pierre Sidos. Du 12 février 1959, date de l’interdiction du Parti nationaliste, au 24 janvier 1960, Pierre Sidos est de tous les rendez-vous de la résistance Algérie française. Le 24 janvier, serré de près par la police gaulliste et ses barbouzeries, Pierre Sidos entre dans la clandestinité. Il n’en sortira qu’en juillet 1962. Arrêté, il est jeté en prison.

En 1965, Pierre Sidos revient sur la scène politique. En février 1966, il lance un hebdomadaire d’action nationaliste : Le Soleil.

Le 6 février 1968, il crée l’Œuvre française qui n’a plus quitté, malgré des persécutions sauvages et un nombre de procès qui ne le sont pas moins, le combat pour le redressement national. (1)

Pierre Sidos est titulaire d’un « Diplôme d’honneur de combattant de la liberté » que lui a décerné, en 1958, le général hongrois Veress de Valnok Lajos, « pour sa participation héroïque aux combats pendant l’insurrection nationale hongroise du 23 octobre 1956 contre le communisme ».

De la même façon, rappelons quelques témoignages portés à son égard et à celui de sa famille par le général Weygand (« Une grande et noble famille française » à écrit le généralissime des armées françaises, vainqueur de la bataille de Varsovie contre les Rouges, en 1920), la Maréchale Pétain (« Je connais la valeur de tous les Sidos et je sais que leur courage va jusqu’au sacrifice »), François d’Orcival (« Pierre Sidos fut le premier à dénoncer le nouveau régime, dès juillet 1958, ses barbouzes et ses tares », écrivait-il dans Défense de l’Occident en 1961), ou Henry Coston (« Pierre Sidos est considéré, aussi bien par ses adversaires que par ses amis, comme le chef d’une des fractions les plus dynamiques du nationalisme français »).

En 1969, à l’occasion de l’élection à la présidence de la république, un comité national, ayant réuni les éléments matériels et le « parrainage légal » de plus de cent personnes dont les fonctions officielles ouvrent  droit à la présentation d’une candidature, avait désigné Pierre Sidos comme candidat. Mais le Conseil constitutionnel, alors dirigé par Palewski et Cassin, ne retient pas sa candidature. Au motif, comme l’indique France-Soir du 17 mai 1969, que « le Conseil constitutionnel n’a pas à faire connaître le détail des délibérations qui ont abouti au sujet de (…) candidatures ».

Il faut se souvenir aussi de la belle sérénité de Pierre Sidos lors d’un « Ciel mon mardi ! » très houleux, le 6 février 1990, sur TF1. Confronté notamment aux représentants de la LICRA, Jean-Pierre Pierre-Bloch et Patrick Quentin, au vice-président de SOS-Racisme, Malek Bouthi, à un certain Roger Martin, communiste bon teint (et auteur du roman noir sous le pseudo de Kenneth Ryan), Pierre Sidos ne s’était jamais départi de son calme tandis que le reste du plateau sombrait dans le tumulte et la confusion. (2)

Signalons, enfin, que bon sang ne saurait mentir. Le fils de Pierre Sidos, le capitaine Philippe Sidos, volontaire pour l’ex-« Yougoslavie », y a montré, de l’avis même de ses supérieurs hiérarchiques, « sang-froid et efficacité lors de plusieurs missions dangereuses ».

(1) Ce qui n’est plus vrai aujourd’hui, l’Œuvre française étant dissoute depuis octobre 2013 sous la présidence de François Hollande.

(2) Émission à Ciel Mon Mardi