Rétablir la France (1)La France est un État national constitué dans l’universalité du genre humain comme un résumé sans analogie du génie européen, au cours de l’histoire incomparable de la famille capétienne incarnant la pérennité d’un destin commun à tous les éléments du peuple de. France; afin de parvenir à l’aboutissement d’un grand dessein territorial pratiquement achevé et d’oeuvrer à l’accomplissement d’un haut idéal intellectuel et moral toujours à poursuivre. « Moi, je ne connais qu’une France, celle de toujours, celle dont l’âme persiste à travers les vicissitudes depuis la profondeur des siècles jusqu’à nos jours », doit-on répéter après le maréchal Lyautey.

La France c’est un peuple de souche européenne, de filiation chrétienne, de formation classique, de nationalité millénaire. Elle doit maintenant faire face à la formidable invasion cosmopolite de ses moeurs et de ses cités. Une réaction patriotique de légitime défense est indispensable. Il faut convenir avec Charles Péguy que: « La plus dangereuse des invasions, l’invasion de la vie intérieure, est infiniment plus dangereuse pour un peuple qu’une occupation territoriale. »

la France est un territoire, un visage, un drapeau. Un territoire, pas un terrain de camping; un visage, pas un masque de carnaval; un drapeau, pas un pavillon de complaisance. Une France dépossédée, défigurée, dénaturée, ce n’est plus la France. La meilleure définition de la santé physique et morale de la France c’est la netteté de son territoire, l’identité de son visage, la pureté de son drapeau. Ernest Renan avait raison d’affirmer: « L’étranger toléré peut être utile à un pays, mais à la condition que ce pays ne se laisse pas envahir par lui. Il n’est pas juste de réclamer des droits de membres de la famille dans une maison qu’on n’a pas bâtie, comme le font les oiseaux qui viennent s’installer dans un nid qui n’est pas le leur, ou comme les crustacés qui prennent la coquille d’une autre espèce. »

La France est la plus européenne des nations d’Europe. Son nom est germanique; sa langue latine; le fond de son peuple celte; son sens de l’État romain; sa rigueur intellectuelle et artistique grecque ancienne. C’est la seule qui accède directement à la mer du Nord , à l’océan Atlantique, à la Méditerranée; et dont les provinces frontières peuvent servir d’intermédiaires par leur parler et leur peuplement. Ainsi, elle n’a rien à attendre d’une Europe idéologique quelconque. La prétendue construction européenne actuelle n’est que l’Europe des partis d’une partie de l’Europe. C’est la réalisation partielle du mythe insensé de la tour de Babel, rapporté dans l’Ancien Testament. La C.E.E., du Groenland esquimau aux Îles polynésiennes de Wallis et Futuna, n’est pas l’Europe de Gibraltar jusqu’au-delà de Moscou. La C.E.E., du mythe égalitaire, n’est pas l’Europe de la diversité des caractères humains, des manières d’être, des conditions. La C.E.E., d’une trentaine d’années de mercantilisme, n’est pas l’Europe de l’Esprit vieille de 2400 ans. Il y a un continent européen, une race européenne, un génie européen. L’Europe est une des cinq parties du monde, berceau de la race blanche, terre d’élection du génie d’Occident. De l’Atlantique à l’Oural, incarnée dans un type humain, porteuse d’une civilisation, l’Europe est parfaitement définie par sa géographie, sa biologie, son génie. Tout
ce qui ne remplit pas intégralement ces trois conditions n’est pas européen.

Rétablir la France (2)  Le seul danger est de s’imaginer que la France n’a plus d’avenir. La véritable catastrophe serait de renier notre nationalité; de ne plus admettre que l’ordre du monde, par excellence celui de notre civilisation, repose sur la permanence de nations souveraines: la dénationalisation étant à un pays ce que la dépersonnalisation est à l’individu. « France, France, sans toi le monde serait seul! » proclamait l’écrivain italien Gabriel D’Annunzio. « Ô France, chère à toute âme éprise du genre humain. » disait le poète anglais Rudyard Kipling. « La France, mourir ? Mais par quoi voudriez-vous qu’on la remplace ? «  s’inquiétait le pape saint Pie X.

Il ne peut y avoir d’accommodement entre la France et l’Anti-France; pas plus qu’entre la santé et la maladie, la vérité et le mensonge. C’est une erreur de vouloir respecter également toutes les idées, les vraies et les fausses. C’est un égarement de prétendre mettre sur le même rang toutes les opinions, les bonnes comme les mauvaises. Car, en ce cas, à l’exception d’un nombre restreint d’individualités qui réagissent comme il faut, et se trouvent alors accusées de tous les noms et de tous les maux, plus personne ne sait vraiment où il en est, et où en sont les autres. Permettre à n’importe qui, de dire n’importe quoi, sur n’importe quel sujet, à n’importe quel moment, c’est vouloir entretenir un maximum de désordre dans les idées et de dispersion dans les opinions. De la discussion sur tout et sur rien ne jaillit pas la lumière, mais en ressort généralement le doute banal, lequel est inconciliable avec les grandes réalisations. Il convient de demander leur avis aux gens sur les sujets qu’ils connaissent et surtout de ne pas
solliciter leur jugement sur les problèmes qu’ils ignorent.

Un ensemble de connaissances observées depuis l’origine de l’espèce humaine donne l’explication complète d’un certain nombre de faits et permet de trouver les solutions les mieux adaptées aux besoins permanents d’un État particulier ou d’un type d’individu différent par nature. Il ne s’agit pas de découvrir des vérités nouvelles, mais de parvenir à utiliser des vérités bien établies pour répondre aux questions d’actualité. Les vérités premières et les positions politiques qui en découlent ne dépendent pas du contexte psychologique ou économique, qui change d’un siècle à l’autre, voire d’une décennie à l’autre. Ces vérités tiennent leur origine de la nature humaine et des obligations
immuables de la vie en société. Les circonstances changent et en même temps s’ajoutent les difficultés supplémentaires créées par elles; mais les vérités premières demeurent seules capables d’apporter la meilleure solution aux interrogations qui se posent à différentes époques, dans des situations nouvelles. La nécessité de l’autorité, la primauté du travail, le respect de la famille, l’indépendance de la patrie, dans la reconnaissance des différences d’origine et de pensée, voilà l’essentiel des idées politiques vraies.

Rétablir la France (3)II n’est pas de droits si légitimes qu’ils soient, qui ne comportent en contrepartie de devoirs. Pour s’y retrouver, la règle générale consiste à donner constamment la priorité au national sur l’étranger, aux principes sur les princes, aux idées sur les individus, à la sélection sur l’élection, à la politique sur l’économique, au talent sur l’argent, à l’ordre sur le changement, à la réflexion sur le réflexe, à la qualité sur la quantité, à la beauté sur l’utilité. Des opinions
anonymes et versatiles, des revendications irresponsables et contradictoires ne doivent jamais constituer la référence d’une légitimité quelle qu’elle soit. La patrie ni la vie ne doivent se mettre aux voix. Le tout est de concilier la nécessaire initiative individuelle à une indispensable discipline sociale, afin de parvenir à un État sans étatisme pratiquant une politique sans politiciens.

Le nationalisme est l’expression politique, conséquente et nécessaire, du patriotisme. L’État, c’est la souveraineté. La patrie, c’est le sol. La nation, c’est l’Histoire. Le peuple, c’est le corps national. Partant de là, il n’y a que le nationalisme qui puisse redonner à la France sa véritable image, puisque partout ailleurs il n’y a aucun message, il n’y a aucune forme qui se dessine, et qui soit une forme d’avenir. En dehors du nationalisme, il n’est jamais question que de problèmes matériels qui, pour dans certains cas, aussi justifiés qu’ils soient, ne sont pas porteurs d’avenir sur le plan intellectuel, sur le plan moral. Seul, par conséquent, le nationalisme demeure la doctrine d’avenir et les nationalistes, loin d’être les derniers d’hier, sont les premiers de demain.

L’Œuvre française est un mouvement strictement nationaliste, épris d’équité sociale, tout autant hostile à l’application des méthodes d’asservissement collectiviste, qu’opposé à la perpétuation du joug de grandes puissances financières anonymes et vagabondes pesant depuis trop longtemps sur la France. Refusant la partition du peuple de France entre « gauche » et « droite » (le « centre » n’existant pas en tant que force politique), l’Œuvre française ne connaît que des Français, par la distinction d’un sentiment national qui se place au-delà des clivages, au-dessus des élections et en dehors des partis. Préconisant une refonte totale des structures politiques, économiques, industrielles et syndicales existantes, l’Œuvre française, malgré une implacable conspiration du silence appliquée à son encontre par les grands moyens d’information, n’a cessé de développer son influence et d’accroître son recrutement; grâce surtout à la profonde conviction et à l’esprit de sacrifice de ses membres. Sachant ce qu’elle veut, bien organisée et bien dirigée, l’Œuvre française déploie son activité sur l’ensemble du territoire national. Pour aboutir, elle compte sur son aptitude à employer utilement les circonstances favorables à l’application des mesures qu’elle suggère, par l’intermédiaire d’un gouvernement de salut public à dominante nationaliste. Les modalités et personnalités capables d’intervenir en pareil cas se révélant toujours surprenantes. Le but final étant le rétablissement de la France en toutes choses.Rétablir la France (4)Rédigé par Pierre Sidos et paru en février 1983.

01 - Rétablir la France (février 1983)