Lors de son accession à la tête de l’État, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing pris la décision d’interrompre l’usage d’honorer la fête nationale officielle de Jeanne d’Arc, en n’allant pas fleurir personnellement la statue de l’héroïne, place des Pyramides à Paris; une observance respectée jusqu’alors par ses prédécesseurs de la troisième république, de la quatrième avec Vincent Auriol et René Coty, de la cinquième avec Charles de Gaulle et Georges Pompidou. De plus, dans le même temps, il fit supprimer l’adjectif qualificatif « national » dans l’intitulé des ministères de la défense (les Armées) et de l’Éducation (Instruction publique).

        En parvenant au pouvoir, en 1981, les socialistes redonnèrent la qualité de « national » au seul ministère de l’éducation, dans le but de rétablir une assimilation de vocable en dépendance de celui d’une coalition syndicaliste de gauche et maçonnique: la Fédération de l’éducation nationale (F.E.N.). Ainsi, le progressiste de circonstance Mitterrand et le libéral droitier Giscard étaient bien d’accord pour que la défense cesse d’être nationale. Cette connivence inter-politicienne gauche-droite a bien entendu perduré avec l’arrivée de l’étiquetè gaulliste Chirac à la présidence de la République, en 1995.

        Une autre suppression remarquable de la référence nationale concerne le nouveau « quartier de la Défense », à l’ouest de la Capitale, construit sur le territoire de la commune de Puteaux (Hauts-de-Seine), en partie à l’emplacement du monument élevé en souvenir des combattants de la période dite de la « défense nationale » lors de la guerre franco-prussienne de 1870-71. Une gigantesque bâtisse, formée des lignes rectilignes, domine cet ensemble immobilier horrible à voir. Cet édifice, d’inspiration idéologique, désigné parfois sous le nom d’arche de la fraternité, est plus couramment appelé « arche de la Défense », d’une manière tout à fait erronée puisqu’une arche est par définition une voûte en arc et pas un volume cubique, et que de surcroît cette fausse arche est privée dans sa dénomination d’une raison nationale d’origine propre à cet endroit.

        Ces observations sont significatives d’une volonté de dénationalisation forcée, avouée ou masquée, de la part de tous les tenants du système cosmopolite. Elles obligent à une contre-offensive nationaliste, reprenant à son compte le vocable somme toute populaire de « défense nationale »; d’abord en rappelant le sens de son usage dans le passé, puis en lui donnant une version renouvelée à la fois claire et beaucoup plus générale, enfin en l’attribuant à toute l’activité de l’Œuvre française.

        Le nationalisme est essentiellement nécessairement national. À l’évidence, il ne peut y avoir de nationalisme qui ne soit national et moins encore de nationalisme qui serait antinational. Un nationaliste est d’abord national. Un membre de l’Œuvre française est très exactement un national-socialiste. D’où, l’acception nationaliste du concept de défense nationale excède une vue uniquement militaire ou guerrière, en incluant celle-ci à sa place et rien qu’à sa place dans une vision complète de toutes es raisons et conditions politiques, économiques, physiques, culturelles de la sauvegarde de la nation.

        C’est en quoi l’Œuvre française et un mouvement de défense nationale; d’une défense intégrale plutôt offensive que défensive, s’exerçant à tous les moments, dans tous les domaines, dans toutes les situations, et pas seulement à l’occasion d’un conflit armé momentané.

Texte rédigé par Pierre Sidos dans les années 80.

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