Entretien accordé par Pierre SIDOS à la revue Synthèse Nationale n°22, en avril 2011 :

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Le 27 août 1859, un paysan habitant la Pennsylvanie, une région du nord-est des États-Unis, à la recherche d’un point d’eau, découvrait le premier puits de pétrole du monde. La possession directe ou indirecte de cet hydrocarbure allait devenir une donnée capitale, économique et politique dans les rapports internationaux.

Le 6 août 1945, la première bombe atomique aux effets terrifiants était lancée par l’US.Air-Force (armée de l’air états-unienne) sur la ville d’Hiroshima entraînant la capitulation du Japon et marquant ainsi la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’ultérieurement la disposition multiple de la nouvelle arme nucléaire, en créant un équilibre de la terreur entre les puissances détentrices, évitait jusqu’à maintenant la généralisation des conflits militaires.

Le 11 septembre 2001, se produisait à New-York l’attaque et la destruction des deux tours géantes jumelles servant de siège central au réseau mondial du World Trade Center (WTC) : « Le Centre du commerce international ». C’était la première fois que le territoire des Etats-Unis d’Amérique (EUA) subissait une offensive venant de l’extérieur. Et s’il est bien établi que les auteurs ont agit pour des motivations évidentes de rétorsion vis-à-vis des agressions renouvelées commises au nom de l’Hyper-puissance, des éléments troublants constatés sur place après, et l’ignorance réelle de l’identité des fomentateurs, occasionnent de sérieuses interrogations. Toujours est-il que la dramatisation de l’événement, orchestrée à l’extrême, a permis l’adoption d’une loi interne restrictive de libertés appelée le Patriotic Act. Avec au dehors la prétention confirmée d’entraîner d’autres pays – dont la France – dans son sillage, pour mener ce qui est nommée : « la guerre contre le terrorisme ». Mais il s’agit plutôt, que d’aller à l’encontre de certains actes de violence politique inacceptables, au titre de fondateurs d’ « un nouvel ordre mondial », pour les gens malfaisants de New-York à exprimer leur volonté de continuer à s’ériger en gendarmes du monde, au nom et à la place d’une « communauté internationale » inexistante, associée à une « conscience universelle », qui sont aussi bien des créations mythiques l’une que l’autre.

Le 27 août 1859 : découverte du pétrole ; 6 août 1945 : usage du nucléaire ; 11 septembre 2001 : attentat de New-York ; chacune de ces dates marquées par un point de départ nord-américain, ouvre un nouveau chapitre de l’histoire contemporaine de l’humanité, avec le constat d’une situation de quasi-monopole exercée par les EUA sur les affaires du globe. D’où l’impérieuse nécessité d’adopter, de développer et de diffuser une pensée globale, c’est dire une vision géopolitique incluant une vue d’ensemble accompagnée d’une réflexion générale sur les problèmes mondiaux, afin de s’opposer avec des chances de succès à leur système mondialiste, à caractère ploutocratique et cosmopolite, soi-disant démocratique.

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Penser global, d’une manière objective, c’est concevoir la nécessité de connaitre toute l’étendue de l’interpénétration des questions particulières, que pose une mondialisation désormais effective dans l’espace et le temps, ainsi que de réfléchir aux conséquences des aspects négatifs de l’idéologie mondialiste qui, à une distance de plusieurs dizaines de siècles, avec les mêmes sources d’inspiration, veut nous soumettre par la contrainte à vivre la réédition de l’abomination des récits primo testamentaires sur l’édification de la tour de Babel, l’adoration du veau d’or, la perversion des mœurs de Sodome et Gomorrhe. Toutes choses contraires à l’esprit du Décalogue et de l’Évangile, mais bien conformes à la poursuite de la réalisation d’une sorte de messianisme matériel aspirant à une terre promise – cette fois planétaire -, et utilisant maintenant comme instrument pour atteindre ce résultat, l’Amérique new yorkaise : celle de Wall Street du melting pot, du Show business, de la Gay Pride, de l’Organisation des nations unies (ONU) instituée en 1945, de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) signé en 1949. C’est pourquoi, à l’inverse de cette domination planétarienne insupportable, une pensée globale respectueuse de la nature des choses doit concevoir de trouver des terrains d’entente avec quiconque de par le vaste monde s’accorde sur des sentiments communs en réplique au mondialisme, et avant tout pour assurer le droit primordial pour les nations de vivre selon le génie de leur peuple et la nature de leur sol.

Agir national c’est l’affaire de chacun, si l’on admet que le salut de la nation et de la civilisation à laquelle elle appartient, demeure fondamental. Cette attitude est conforme au rôle social du citoyen qui se doit de servir le bien commun dans son milieu professionnel, familial, territorial. Concernant ce dernier point, il doit être compris que par territoire il s’agit bien de toute la surface du terrain sur laquelle vit la collectivité nationale. Car l’action civique excède le niveau local pour atteindre nécessairement le domaine national tout entier, donc pour un Français non renié, la totalité de l’espace géographique s’étendant de Dunkerque à Bonifacio, de Brest à Strasbourg. Sur ce territoire est établi, depuis les temps les plus reculés, un ensemble d’éléments humains presqu’exclusivement de même origine physique, qui a façonné le peuple, et bien que doté de particularités localisées, a réussi la constitution d’un Etat-Nation, assurant le libre exercice de sa souveraineté : le peuple de France, civilisation helléno-romano-chrétienne, dite européenne en abrégé.

Et il est clair que si l’ont veut survivre à l’horreur mondialiste, il faut s’en tenir à la préservation prioritaire de la réalité du fait national, sans suggérer un fractionnement régional, ni dépassement continental ou autre. Se dire « identitaire » en deçà ou au-delà du cadre national, même en étant bien intentionné, correspond en définitive à travailler plus ou moins inconsciemment pour le mondialisme, lequel est le pire des internationalismes, poursuivant comme objectif final avoué la dissolution de toutes références territoriales et de toutes originalités culturelles. Par conséquent, la décision cohérente d’agir national, en menant une action civique énergique, réside dans la prise de conscience exacte du danger mondialiste. La mission dévolue au mouvement nationaliste étant alors d’œuvrer – tout en respectant la règle des trois unités, de doctrine, de direction et de méthode – à la formation d’une élite de volontaires diffusant la connaissance de l’histoire, la promotion du patriotisme, la défense de la langue, en vue de contribuer au recouvrement d’un État national de nouveau indépendant vis-à-vis de l’extérieur et impartial à l’intérieur.

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En 1974, l’écrivain et patriote russe Alexandre Soljenitsyne, expulsé d’Union soviétique, lance un appel qui était au cœur de son action d’homme libre : « Ne pas vivre dans le mensonge ». Le règne du mensonge particulier, dans lequel presque tout le monde est obligé de vivre, date des suites de la Seconde Guerre Mondiale. Il débute avec les « lois de Nuremberg » édictées en 1946, c’est-à-dire plus précisément des attendus d’un jugement rendu par un prétendu « Tribunal militaire international », en conclusion d’une comédie pseudo judiciaire d’inspiration anglo-saxonne, lesquels attendus « atteignaient en réalité, toutes formes solides, toutes formes géologiques de la vie politique », pour citer le brillant analyste littéraire Maurice Bardèche (1907-1998), tant ils étaient contraires à la vie tout court.

Il faut savoir que la dénomination utilisée était déjà d’une fausseté manifeste puisqu’il n’était pas un tribunal au sens juridique du terme, mais une commission exécutive des vainqueurs faisant comparaître des vaincus prisonniers ; qu’il n’était pas composé de militaires et enfin nullement international puisque réduit à la représentation de quatre autorités gouvernementales : celles des États-Unis, de l’Angleterre, de l’Union soviétique et de la IVème République française naissante. En 1952, le grand avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour (1907-1989) faisait par ailleurs remarquer, au cours d’une réunion publique tenue à Paris sous l’égide du mouvement Jeune Nation, que l’unique différence entre les juges alliés de Nuremberg et la pratique rituelle de certains sauvages d’Afrique noire, était de n’avoir pas mangé les ennemis captifs après leur mise à mort.

Une autre manifestation du règne du mensonge réside sur le plan de la vie morale, dans la dérive imputable aux interprétations doctrinales et pastorales consécutives lors de la tenue du concile de Vatican II à Rome de 1962 à 1965, en rupture avec l’enseignement traditionnel de l’Église catholique délaissant l’emploi de la langue liturgique, s’écartant de sa sagesse pour le fond de sa noblesse dans la forme, aboutissant même à une mise en cause partielle de la transmission du message chrétien. Ainsi, tant au sujet de la vie publique que de la morale s’y rapportant, la généralité du mensonge qu’évoquait Soljenitsyne réside dans la conjonction dominante de la contre histoire, de la fausse mémoire et de l’anti-nation.

En effet, il faut bien constater qu’au moment présent l’histoire, la mémoire et la nation ne se confondent plus comme c’était le cas autrefois. Car l’histoire, qui est la science du passé, est devenue confusément le récit d’aujourd’hui et de demain. Car la mémoire, qui est la faculté de se souvenir, est dorénavant accaparée jusqu’à son nom et mise en captivité par la présentation imposée d’une version unique des événements passés. Car la nation, qui est la reconnaissance d’une grande édification historique est désormais contestée dans le principe même, de pouvoir continuer à mener une existence propre à son identité et conforme à sa personnalité.

En France, proclamée « pays de liberté », ses citoyens, pourtant héritiers légitimes du patrimoine national, sont en butte, depuis 1972, à une série de lois qualifiées abusivement de « mémorielles », adoptées à l’instigation d’une « Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme » (LICRA) et dont les dispositions répressives sont appliquées sans ménagement en direction des auteurs de propos contredisant avec juste raison, les erreurs ou les falsifications entretenues par une désinformation voulue sur des sujets de société récents ou actuels. En plus de cela, un organisme administratif a vu le jour en 2004 « Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité », dit la HALDE, qui a la charge de chercher des ennuis en tout genre visant les Français de souche, réagissant vis-à-vis des avantages anormaux concédés à des habitants provenant d’ailleurs, toujours de plus en plus nombreux.

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En vérité, c’est en croyant aux forces de l’esprit, en pensant global, en agissant national que pourra être terrassé le monstrueux système mondialiste et ses mensonges.