Rédigé par Pierre Sidos dans La Cocarde, en juin 2006 :

Nos personnes ne sont rien, notre principe tout.

Notre principe, dans les choses de la vie publique, c’est la nation, la nation avant tout : la nation historique, la nation France.

À partir de là, le débat royauté-république est périmé ; le clivage droite-gauche est caduc. Ne doit compter que la ferme volonté de rétablir l’unité territoriale, corporelle et spirituelle de notre nation étatique.

Car l’État-Nation demeure la forme la plus élaborée de la vie sociale ; elle est ta seule compatible avec la nature des éléments constitutifs du peuple de France.

À voir ou non à nouveau un État digne de ce nom, être ou disparaître en tant que nation, c’est le problème. Notre réponse : nous voulons rester Français ; ne pas cesser d’appartenir à la même communauté de destin dans l’universel. Pour cela, il est indispensable tout d’abord de manifester une opposition claire, suivie et déterminée, à l’Europe supra-nationale et mercantile, à la mondialisation libérale ou autre, à l’immigration contraire à nos usages et à nos croyances. Et, afin d’aboutir à ce que notre État-Nation retrouve sa place, toute sa place, il faut envisager l’adoption d’une politique nationaliste par la France, en entente avec des nationalistes de différents pays, désireux également de ne plus subir la tutelle cosmopolite.

D’où, après la reconnaissance de la priorité du « national » en doctrine, admettre la priorité du « politique » dans la mise en pratique. Ainsi ne jamais accepter l’élimination ou l’occultation du politique au profit de l’économique, du métaphysique, du méta-politique qui s’affirme culturel. Ce qui n’est par la méconnaissance de ces facteurs, mais soumission à l’évidence que si tout n’est pas politique, tout se rapporte à la politique tant au plan matériel que spirituel. Cela n’est pas contredire la primauté du spirituel, que d’assurer la priorité du politique.

Le Bien, le Bon, le Beau, dans leurs définitions réelles et profondes sont liés à un style politique, toujours et partout. L’exercice du pouvoir répond à une conception de la notion du bien, qu’exprime l’autorité politique en place, ou sa contestation. La justification de l’avoir en général, de sa possession, de son usage bon ou mauvais, dépend d’une théorie de la propriété, qui procède d’un choix fondamentalement politique, de morale politique : la distinction entre « être » et « avoir ». La création artistique dans son ensemble, ce qui plaît à l’œil, à l’oreille, à l’esprit, découle d’une option politique. À ce sujet, il est remarquable que les plus grandes périodes pour les arts et lettres s’apparentent à des époques de souveraineté, de centralité, où les fonctions d’autorité et les possibilités de mécénat devaient s’exercer classiquement au service du beau.

Dans l’État-Nation, la loi essentielle opère une fusion de la loi divine ou naturelle avec la loi historique ou nationale, et toutes les autres lois, décrets, règlements, doivent s’inspirer de cette loi première, à la fois transcendante et politique. Le droit de la nation, d’une nation historique, d’une nation étatique, étant l’expression de la conscience nationale, et aussi le moyen de défendre une collectivité, qui en est la concrétisation sociale, toutes les formes institutionnelles lui sont obligatoirement subordonnées. C’est pourquoi, quand nous invoquons le droit de la nation, le droit national, il faut comprendre qu’en fait c’est au système cosmopolite anti-étatique et anti-national que nous en voulons. Nous refusons également le libéralisme et le libre-échange, qui ne peuvent conduire qu’à la ruine de l’économie nationale ; les nations étatiques étant des unités économiques, qui ont une personnalité et des intérêts propres.

L’État-Nation était et doit redevenir l’organisation exemplaire de la société française. Il s’agit d’un tout indivisible, possédant une indépendance souveraine, complète et permanente. Or, dans la situation présente, les institutions faussement représentatives imposées à l’ensemble des Français, ne sont qu’une caricature d’État, un État de non droit national en décomposition interne et en voie de disparition externe. Alors s’impose, comme un acte d’une importance primordiale, la réintégration du principe étatique national dans l’histoire de France.

05 - Pour l'État-Nation in La Cocarde (juin 2006)