Le nationalisme ne peut se reconnaître dans de grossières caricatures. Tout d’abord, une première constatation s’impose : il n’y a pas de nationalisme sans nation. Dans la plupart des anciennes possessions françaises en Afrique, malgré l’étiquette nationaliste utilisée contre la France, les populations locales n’ont pas réussi à se constituer véritablement en nations.
La seconde constatation, c’est que le nationalisme ne se conçoit pas contre la nation. Fondée sur les réalités d’un territoire et d’une ethnie particulière, affermie par des siècles d’histoire commune et par un État tutélaire sans lequel elle n’existerait pas vraiment, une nation est la réalisation solidaire d’un destin unique dans l’universel. Chaque nation a un nationalisme qui lui est propre; Tout nationalisme bien défini exprime exactement la compréhension des règles qui ont permis à une nation de se constituer et de durer, l’oubli ou la négation de ces règles entraînant la décadence et la désagrégation de l’entité nationale personnelle.

Un nationaliste est un homme activement engagé dans la lutte pour la défense et l’illustration de sa nation. Par nécessité nouvelle évidente, disons que la préservation de la réalité nationale, qui constitue la base du nationalisme, inclut obligatoirement la volonté de défendre la prééminence européenne dans le monde. Avec, dans le même temps, l’avènement d’une forme originale de la vie politique moderne, fondée sur les conceptions nationalistes de l’existence.
Si ce sont en premier lieu les données héréditaires et naturelles qui servent de fondement visible au nationalisme, ce sont les valeurs spirituelles qui apportent une finalité à ces données. Sur le plan humain, le nationalisme implique une adhésion à la conception que l’homme n’est pas d’abord un producteur ni un animal supérieur.
Sur le plan intérieur, le nationalisme reste le meilleur point de référence du bien commun, et sur le plan international la nation demeure malgré ses détracteurs – et cela fait plus d’un siècle que l’on déclare le stade des nations dépassées – le fondement véritable de l’ordre mondial. Le nationalisme, c’est d’abord tout cela. Il faut laisser aux mots leurs sens, sans cela c’est la Tour de Babel. Dans une communauté, les mêmes mots doivent exprimer les mêmes choses. Entre le communisme défini par Gracchus Baboeuf au moment de la Révolution française et l’usage du terme fait par Marx et Lénine, il y a évidemment des différences profondes, mais, néanmoins, la ligne de pensée est identique. Il faut qu’il en soit de même en ce qui concerne le nationalisme. L’usage qui a été fait du mot au siècle dernier et au XIXème siècle, depuis lors sans exception courante en France -même s’il faut admettre des éléments nouveaux aujourd’hui – implique en aucune façon la négation des composants essentiels du terme. Jacques Ploncard d’Assac rappelait à des jeunes nationalistes il y a quarante ans : « Si nous croyons que la société est soumise à des lois naturelles, que l’empirisme organisateur nous permet de les découvrir, le nationalisme de les restaurer et de les défendre, cela veut dire qu’il n’y a qu’un très petit nombre d’idées essentielles qu’on habille de mots nouveaux, mais que l’on ne peut distordre impunément. »

Le nationalisme n’est donc pas une église que l’on constitue, il n’a pas besoin d’un nouveau prophétisme : il est une politique, une poésie, une espérance que l’on ne peut pas rejeter au nom d’un dessèchement ou d’une négation de l’âme. Il est enfin, une éthique. Un homme de l’Occident européen, un Français, doit considérer le nationalisme comme un art de vivre personnel. Les sociétés européennes et la société française en particulier doivent l’admettre comme un mode de vie préexistant au fait que nous soyons sur Terre. Et il y aurait une prétention insupportable à définir un système qui se voudrait absolument global et qui sortirait tout armé d’un seul cerveau nullement préparé pour définir des vérités nouvelles. Les enseignements de l’Histoire contemporaines sont là pour nous indiquer qu’il y a mieux à faire que des voies sans issues, vers des cimetières inutiles d’espérances et peut être d’hommes.

Rédigé par Pierre Sidos.