Je me souviens d’Henry Coston

Henry Coston mort nonagénaire a la fin du mois de juillet 2001, continuateur reconnu d’Édouard Drumont, a laissé une oeuvre impérissable. Même pour ses détracteurs, c’est justice a lui rendre que de reconnaître son plus grand mérite, celui d’avoir travaillé toute sa vie, d’une façon appliquée et opiniâtre, à La Défense et à l’illustration des raisons de l’anticapitalisme national, dans la lignée de son maître « l’immortel auteur de La France juive », avec une méthode, une continuité, une suite dans les idées qui ne se sont jamais démenties.

Dans le mouvement général du nationalisme français de l’après-Seconde Guerre mondial, certes empli de beaucoup de talents et de dévouements, il faut tenir Henry Coston comme la référence indispensable, à placer ex-æquo avec celle de Maurice Bardèche décédé en juillet 1998 juste trois années avant lui : Les financiers qui mènent le monde de l’un étant à l’égal de Sparte et les Sudistes de l’autre.

Henry Coston était animé par le plus ardent patriotisme, le choix des appellations de multiples initiatives de sa création est symptomatique : Lectures françaises, la Librairie française, le Dictionnaire de la politique française, Nous les françaises. C’était un grand français, obstinément hostile à toutes les formes de l’entreprise subversive de dénationalisation des constituants de la société française, aussi bien spirituels et corporels, qu’économiques et sociaux.

Henry Coston était un homme épris de clarté, d’instinct il n’admettait pas qu’une poignée de conspirateurs hypocrites puissent dominer toute une population a qui était soigneusement cachées leur implication factieuse et leurs machinations, d’où son aversion pour les sociétés secrètes, son souci de mettre à jour les menées plus ou moins occultes, préjudiciables à la santé morale et matérielle de ses compatriotes et aussi de ses contemporains d’autres nationalités.

Henry Coston était un observateur perspicace, il comprenait aisément l’importance de declarations  ou d’actes passant parfois inaperçus ou secondaires aux yeux du grand public, captif des jeux du cirque : attirant alors l’attention de ses lecteurs et les alertant sur les conséquences. Pour illustrer cela, il suffit de se reporter par exemple à son ouvrage généralement ignoré L’Amérique bastion d’Israël, publié il y a maintenant soixante ans, pour bien comprendre ce qui se passe actuellement dans le monde.

Henry Coston avait une manière d’être éminemment sociable. Rien ne le destinait à cette tâche ardue de journaliste et écrivain engagé, de contempteur d’Hiram et de Juda. Sa mère s’était opposée à son penchant pour les études artistiques, en refusant d’envisager son entrée aux Beaux-Arts. Il avait conservé de cette vocation contrariée une aptitude certaine pour le dessin et dans la présentation des choses. Féru d’astrologie, grand lecteur de romans policiers, aimant les animaux, les chats en particulier. Il était le contraire d’un sectaire, d’un monomaniaque. Il avait avant tout le culte de l’amitié.

Henry Coston fut tout sa vie un militant. Son œuvre considérable, droite et bienfaisante, toute vraie, affirme la nécessité de s’appuyer sur la volonté de ne pas être dupe. Il avait été l’ami de mon père, j’étais son ami et c’était réciproque. M’étant toujours affirmé comme l’un de ses disciples depuis mon adolescence, il m’a confié, en son temps, de nombreux éléments écrits ou enregistrés de ce qui devait être publié de ses souvenirs en trois tomes intitulés successivement : Tribulations d’un militant ; La Vengeance d’Hiram ; Feu de la presse libre.

Quand je pense à Henry Coston, il me revient ce mot qui fait toute l’oraison funèbre d’un héros du Nord dans Shakespeare : « C’était un combattant ».

Article de Pierre Sidos à la tribune de Présent, du 23 juillet 2002.