En 1949, au recommencement était Jeune Nation, puis vint le mouvement Jeune Nation et ensuite le journal Jeune Nation . S’en réclamèrent directement la Federation des étudiants nationalistes et le Parti nationaliste.
Après la guerre d’Algerie, avec des novations notables, les éléments du courant de pensée regroupés autour de la revue Europe Action tinrent à s’écarter visiblement de la filiation, alors que les animateurs des mouvements Occident et Ordre nouveau cherchèrent à donner l’impression d’une certaine continuité. À partir de 1968, ce fut l’Œuvre française qui revendiqua légitimement l’héritage spirituel du nationalisme a Croix celtique.

A l’aube d’un nouveau siècle, qui sera celui des nations et de leur coopération, l’histoire politique française commence à redécouvrir publiquement qu’au milieu de celui-ci, pendant une dizaine d’années, une communauté militante exemplaire, identifiable sous le nom collectif de Jeune Nation, possédait un corps de doctrine bien défini et menait une action intelligente et intransigeante dans le sens précis d’un printemps national avec en plus la préoccupation d’un renouvellement naturel des êtres et des choses du continent blanc.

En dépit d’une extrême faiblesse numérique initiale, en l’absence chronique d’une possibilité de trésorerie, malgré la haine des marxistes et le désaveu des libéraux, le phénomène Jeune Nation, authentiquement plébéien dans son engagement, rassembla de nombreuses équipes qui anoblirent le combat politique par leur esprit de sacrifice, leur culte de l’honneur, leur fidélité sans faille. Les travaux et les luttes de ces noyaux furent une cure de jouvence pour les idées et les actions d’un nationalisme rajeuni dans la joie et l’amitié. En plein jour ou dans une clandestinité obligée, les militants du mouvement Jeune Nation ont été les œuvriers de la renaissance du mouvement national en France, les juveigneurs d’une espèce de chevalerie européenne européenne nouvelle.

Des interdictions administratives, des exactions policières, des répressions judiciaires, se multiplièrent pendant toute la période allant de 1954 à 1962, au-delà même, pour donner des coups de frein aux activités de la plus appliquée, la plus dynamique, la plus clairvoyante des initiatives qui s’opposaient aux coteries officielles et occultes de la décadence et de l’abandon. Ennuis et horions venant du côté adverse, jalousies et indifférences du côté allié, devaient entraîner les apparences d’un engourdissement hivernal. Mais le rythme immémorial des saisons et des jours est là cependant, pour indiquer que la sève du printemps jaillit des feuilles mortes de l’automne. Demain, brillera le soleil de l’été nationaliste, au jour béni de notre délivrance.

[Jeune Nation est actuellement un site internet.]

Pierre Sidos, le 6 janvier 1996.

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