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Français nationalistes ou « Hexagons » atlantistes.

Le nationalisme est un humanisme et cet humanisme est aujourd’hui garant de toutes les libertés, face aux énormes organisations économiques anonymes et à la tentation permanente d’hégémonie politique des Super-Grands.
La querelle des nationalistes et des cosmopolites, toujours la même, est celle qui tourne sans fin autour du fait national ; plus têtu que les internationalisme de toutes les couleurs, de toutes les odeurs, de toutes les idéologies.
Que partout l’émancipation se fasse vers le nationalisme et l’autorité de l’Etat, soit contre l’abandon de la souveraineté à l’intérieur et a l’extérieur, est un événement plus déterminant que toutes les Europes des désirs, des intérêts, des fantaisies.
C’est à ce point évident que Jacques Chirac, le premier ministre gaulliste-U.D.R. du mondialiste lunaire Valéry Giscard d’Éstaing, lors de la campagne pour l’élection législative de Châtellerault, en octobre 1975, avouait publiquement : « Dans les trente ans qui viennent, nous allons assister à un double phénomène : la montée des nationalismes et l’affermissement des régimes d’autorité. Nous avons pris d’autres options. Nous allons à contre-courant de l’histoire. »
Alors pourquoi cet examen de situation, exprimant pût abord une anticipation correcte du nouvel ordre mondial à naître, est-il aussitôt assorti d’une déclaration d’hostilité à cette évolution réaliste ? Tout en omettant de préciser pour quelle raison ; mais en convenant de façon implicite que vouloir le libéralisme à tout prix et le cosmopolitisme à tout va, c’est aller à l’encontre de la redécouverte par le genre humain des besoins profonds permanents d’enracinement, de différenciation, de discipline.
L’explication réside tout simplement dans l’équivalence de malhonnêteté d’esprit entre les adeptes de haut rang du centrisme politique, du centre, de gauche, de droite, et des malfaiteurs habituels de la délinquance de droit commun. Ce sont les uns et les autres d’habiles perturbateurs de toute société par envie ou pour épater ; outrepassant les règles de la vie sociale à leur point exclusif ; avouant seulement devant l’évidence de faits probants ; prétextant les avantages du changement des mœurs et des acquis justifiés de la nationalité ou de la propriété, sans jamais demander l’avis des victimes ; récidivant jusqu’à l’arrêt par événement soudain, décisif, funeste. La pagaille libéraliste et la chienlit anarchiste sont à la queue-leu-leu dans la contestation de toute espèce d’institutions politiques, sociales, culturelles, professionnelles, fondées sur l’expérience et le savoir.
À l’inverse du nationalisme et de l’autorité, qui vont dans le « courant de l’histoire » selon le porte-parole cité de la coterie politicienne centriste la plus cosmopolite jamais vu à cet endroit, « on » – c’est-à-dire la présidence de la République au nom de tous les Français – « a pris d’autres options », dont l’une est la plus contraire à une politique extérieure française indépendante, mais la plus conforme au « mondialisme » énoncé : l' »Europe », supranationale et libérale.
La « construction européenne » envisagée, implique forcément la réduction de la France à l’état d’une raison sociale commerciale ; sa disparition en tant que nation souveraine et, de ce fait, le contrôle de ses industries, la possession de sa terre, la maîtrise de ses lois, l’afflux de population étrangère. La seule consolation étant de subsister comme expression géographique – cependant en concurrence d’usage avec l’appellation géométrique d' »hexagone » – perdue dans une « grande surface » atlantique, dite « Europe », dominée par les membres apatride du conseil d’administration d’un gigantesque consortium de sociétés multinationales siégeant à New York.
A la rescousse de la démente politique gouvernementale dans la bataille du « Parlement européen », après le renfort déjà apporté par les affirmations européennes d’Edmond de Rothschild et de Daniel Cohn-Bendit, la variété atlantique d’extrême droite, qui se pare de la dénomination extravagante d' »opposition nationale et européenne », utilise le très mauvais argument contre-nationaliste et pro-américain de la solidarité occidentale, infirmé par tout ce qui s’est produit en Europe, en Asie, en Afrique depuis trente ans. Il est donc encore nécessaire de le répéter : c’est en restant Français, en cessant d’être « Américain », en refusant de devenir « Européens », que nous ne serons pas « Russes » demain !
La première urgence est d’œuvrer ardemment pour délivrer la France et les Français de la prédominance d’un cosmopolitisme idéologique et économique ; afin que notre pays puisse en particulier jouer le rôle d’une plateforme de départ pour le recouvrement de l’indépendance de l’Europe tout entière. Une telle formule, allant également à l’opposé de la bipartition Est-Ouest imposée par la complicité soviéto-américaine de la conférence de Yalta comme de la contrefaçon supranationale, mercantile et parlementaire, que tente de réaliser la coalition socialo-libérale du traité de Rome au détriment des États nationaux d’Europe occidentale,  est à la source de notre définition d’une politique nationaliste du dehors.

Pierre Sidos, Le Monde du 1er Avril 1976, Libres opinions.