PS Ni moujiks ni peaux rouges (1)«Ni moujiks ni peaux-rouges» !

Jeune Nation Solidariste : Pierre Sidos, vous êtes, je crois, issu d’une famille du Roussillon qui a toujours été au premier rang et de tradition bonapartiste. Vous avez dans votre jeunesse milité dans les rangs du Francisme. Quelle contribution actuelle pensez-vous que cette tradition de lutte apporte au nationalisme populaire français d’aujourd’hui ?

Pierre Sidos : Ma famille paternelle est issue -comme celle de Robert Brasillach, avec laquelle existe un lien de parenté – des environs de Perpignan, chef-lieu du pays catalan français. D’où le nom patronymique qui, chose curieuse, signifie «la Paix» en langue celtique. La tradition bonapartiste (dans le sens de la IVème dynastie française) provient plus précisément du côté maternel. Tout jeune homme j’ai porté la chemise bleu-horizon de la Jeunesse Franciste, formation de scoutisme politique agréée par le Secrétariat d’État à la Jeunesse de l’État français d’alors. Sans discontinuité depuis, j’ai respecté mon juvénile engagement solennel de combattre sans répit les ennemis de notre nation et de notre civilisation.
Une telle tradition apporte aux lutte populaires nationalistes actuelles la garantie d’une expérience continue exceptionnelle et d’une fidélité exemplaire constante.

J.N.S. : Fondateur du Mouvement «Jeune Nation» en 1949 vous fûtes l’un des chefs historiques du combat pour l’Algérie française. Bien sûr, aujourd’hui, la situation est entièrement différente puisqu’il ne s’agit plus de maintenir notre rôle de colonisateur, mais au contraire d’abolir notre situation du colonisés. Pensez-vous que sur ce terrain nous puissions être maintenant solidaires du Tiers Monde ?

P.S. : J’ai fondé «La Jeune Nation» en 1949, devenue le Mouvement Jeune Nation en 1954. J’étais le directeur du journal «Jeune Nation» pendant la période politique cruciale de la dernière partie du conflit algérien. Il s’agissait de maintenir notre patrimoine historique et de préserver notre indépendance énergétique. Dans ce combat mené par nous avec clairvoyance, marqué par une répression rigoureuse, nous n’avons été ni aidé ni compris par ceux qui détenaient les moyens en métropole et en Algérie. Notre but à nous était d’associer, non de dominer, d’avancer et pas de piétiner. Il est arrivé ce qui n’aurait pas dû arriver : la séparation brutale, préjudiciable à tous. Bien des choses étaient encore rattrapables après. Rien n’a été fait dans ce sens par la cinquième république, successivement gaulliste, pompidolienne, giscardienne et maintenant mitterrandiste. Tant que le contentieux franco-algérien ne sera pas réglé au fond, il est vain d’envisager une politique efficace vis-à-vis du Tiers-Monde, en général. Il faut à la France un gouvernement nationaliste comme condition préalable au succès d’une telle entreprise mondiale.

J.N.S. : La violence nous entoure. À la première page des journaux il n’est question que de terrorisme international et d’insécurité en France. Ne pensez-vous pas qu’il faille vigoureusement mettre en garde la jeunesse contre la suggestion provocatrice du piège d’une violence programmée sinon manipulée ?

P.S. : «L’information» transmise par les médias est conçue comme une succession ininterrompue de campagnes d’intoxication, sur tous les sujets. Le sensationnalisme est l’instrument privilégié d’une mise en condition, qui accentue les tensions, qui provoque des réactions de violence. Il n’y a pas de communication des nouvelles, il y a en permanence hypertrophie calculée de faits insignifiants en même temps qu’occultations d’informations indispensables. La violence individuelle ou sociale est suggérée, quand elle n’est pas exaltée. À la fois attrape-nigaud et chausse-trape à l’usage des consommateurs d’images et de commentaires, les tentations de la violence sont à rejeter catégoriquement. Il faut avoir le calme des veilles troupes, celles qui finissent par gagner sans avoir à livrer bataille.

J.N.S. : Au temps d’Edouard Drumont, le cosmopolitisme (notre premier ennemi) prenait un visage bien spécial. Ne faut-il pas s’interroger sur le rôle tout à fait démesuré de la Surpuissance américaine qui éclipse et fédère (à la fois) les forces cosmopolites autrefois réduites à quelques réseaux sociaux minoritaires ?

P.S. : Le cosmopolitisme, voilà l’ennemi. Son sanctuaire réside aux États Unis d’Amérique. Les U.S.A. sont le pandémonium de la planète. C’est en refusant obstinément d’être leurs nouveaux «Peaux-Rouges» que nous éviterons de devenir moujiks ou coolies.

Ils ont amenés les armées soviétiques à 50 kilomètres de Strasbourg; facilité l’avènement de régimes marxistes en Indochine et en Afrique noire. Ce n’est pas eux qui les en délogeront. Il est donc nécessaire de le répéter : c’est en restant français, en cessant d’être «Américain», en refusant d’être «Européens», que nous ne serons pas «Russes» demain.
C’est le cosmopolitisme idéologique et économique à prédominance yankee qui est présentement le mal immédiat. Phillippe Henriot avait déjà parfaitement raison de le répéter inlassablement jusqu’à son assassinat pendant la guerre. Mon Dieu, préservez nous de nos amis (Américains), nos ennemis (marxistes) nous nous en chargeons.

J.N.S. : Si nous voulons rendre à la France sa grandeur, son honneur et son bonheur ne com vient-il pas désormais de s’en prendre aux couches possédantes qui ne croient plus en leur patrie et de se tourner vers un modèle économique et social résolument différent du nôtre ?

P.S. : Le tout est de donner à la nécessaire initiative individuelle une indispensable discipline sociale; sans se rattacher à un quelconque système seulement économique. Toute personne qui fait passer son porte-feuille avant le drapeau est un ennemi de la collectivité nationale. La propriété c’est le colis elle n’est pas assumée comme un service social par son détenteur. Sa légitimité c’est son utilité sociale. Il en est de même du pouvoir politique. Le pouvoir d’État, le pouvoir d’Argent, les pouvoirs sur les hommes et sur les choses ne sont pas des droits mais des devoirs. Quiconque transgresse ce principe est en état de péché mortel vis-à-vis de la vie. La «biocratie» dont a parlé Alexis Carrel est la négation de la ploutocratie, et réciproquement.

J.N.S. : Depuis 15 ans le travail de formation de cadres que vous avez accompli à la tête de l’Œuvre Française vous paraît-il avoir suffisamment avancé pour contribuer, maintenant, à une campagne de Nationalisation des masses dans un cadre qui pourrait être commun ?

P.S. : Nous l’emporterons tous ensemble, ou pas du tout. L’Œuvre Française apporte les résultats de sa méthode, de son application, de son implantation visible et invisible. La re-nationalisation de nos compatriotes doit partir de la concertation et du bon voisinage entre les formations politiques nationalistes. L’idéal, c’est tout de même le regroupement à l’intérieur d’un seul mouvement, au sein duquel les spécialisation indispensables seraient reconnues. Mais la manière la plus assurée pour y parvenir est de ne jamais s’écarter du corps constant de la doctrine nationaliste. Car, il ne s’agit pas de découvrir des vérités nouvelles ni différentes, mais de parvenir a utiliser des vérités bien établies pour résoudre les problèmes d’actualités. Les principes nationalistes et les positions politiques qui en découlent ne dépendent pas du contexte social, économique et politique, qui change d’une décennie à l’autre. Ces principes tirent leur origine de la nature humaine et des obligations immuables de la vie en société. Les circonstances changent, et en même temps problèmes crées par elles; mais les principes nationalistes demeurent seuls capables d’apporter la meilleure solution aux questions qui se posent à différentes époques, dans des situations nouvelles.

J.N.S. : Il y a évidemment les Nationalistes et les «Nationaux». Ces derniers, qui sont parfois de bien brave gens, ne servent pas à grand chose. Ne pensez-vous pas que nous devrions, pour en finir avec leur nuisible voisinage, spécifier une fois pour toutes que nous ne sommes pas de Droite ?

P.S. : Qu’est-ce que la Droite ? Ce n’est pas le contraire de la gauche, c’est son complément. C’est l’alternance à la gauche, la perpétuation d’un même système qui berne à chaque élection, les citoyens. Les masques changent, quelques sous-fifres valsent, mais si les majorités ne sont pas immuables, les inspirateurs souterrains du système général cosmopolite, eux, le sont. Ainsi, se poursuit la spoliation des indigènes français de leur patrimoine par une même bande d’accapareurs. Que faire ? Devant l’évidente incapacité de la Droite, comme de la Gauche à concevoir un dessein élevé pour notre pays, il est l’heure pour les français de reprendre leur destin en main. Les éléments de la base militante des partis socialiste et communiste, dont les conceptions sont proches du nationalisme, doivent se dissocier du pouvoir en place et de sa politique aventuriste, atlantiste, pro-sioniste et belliciste. Tous ceux qui sont intéressés à la reconquête de l’indépendance de la patrie peuvent se tourner vers leurs compatriotes de tous âges et de toutes professions, déjà militants nationalistes qui travaillent au rétablissement de la France en toute chose. Ni Gauche, ni Droite, une seule France.

Entretien avec Pierre Sidos.

Jeune Nation – Solidariste – N°165 – Janvier 1982. PS Ni moujiks ni peaux rouges (2)