675 (2)Combat pour la vie

Les idées libérales et scientistes, qui ont entrepris depuis trois siècles au moins de saper et détruire les fondements politiques et moraux de notre civilisation française et plus largement européenne et chrétienne, sont parvenues d’étape en étape à la transformer en champ de ruines.

Les valeurs intangibles qui en assuraient la solidité ont été tour à tour moquées, sciemment discréditées, et sont actuellement ignorées. Après la perte de considération exercée en pleine connaissance sur l’idée de nation, sur le sentiment patriotique, l’amnésie organisée de notre histoire, coupant les jeunes générations des liens qui les attachent à leur sol et à leur passé, le sens du sacré a été évacué de notre société. Aujourd’hui, aboutissement de ce processus, c’est le statut de la personne humaine qui est menacé, c’est le respect de la vie qui est bafoué, nié. Les actuelles questions du clonage et de l’euthanasie légalisée doivent retenir notre entière vigilance.

Nous devons rappeler notre rejet de la loi Veil de 1974, deuxième étape de cette entreprise de mort après la loi Neuwirth de 1967. La légalisation de l’avortement établit comme licite le refus du principe sacré que constitue le respect de la vie humaine et enlevé par suite et définitivement toute légitimité aux plus hautes autorités en place : on édifie pas une société et un État sur le meurtre institutionnalisée.

Nous devons dénoncer une nouvelle étape dans l’installation d’une société mortifère avec le tour de passe-passe consistant à interdire le clonage thérapeutique. On ne joue pas avec la vie humaine, même au stade initial de l’embryon, qu’il s’agisse de la duplication d’une même personne ou bien de l’utilisation d’embryons pour soigner des maladies.

Nous devons condamner cette forme inédite d’anthropophagie consistant à utiliser, même temporairement, des embryons humains, autrement dit à les tuer, pour soigner les maladies d’autres hommes qui ont eu la chance d’échapper à la pilule et à l’avortoir.

Nous devons nous alarmer aussi du projet annexe de légalisation de l’euthanasie des personnes âgées que des groupes de pressions, notamment maçonniques, tentent de promouvoir avec force, ayant comme but final le suicide assisté sinon ardemment conseillé, si ce n’est obligé, qui permettrait en outre d’alléger le financement des dépenses de Sécurité sociale et de retraite.

Nous devons par ailleurs attirer l’attention sur la falsification du sens des mots, qui permet cette manœuvre. Ainsi, l’«éthique» a été substitué à la «morale», jugée ringarde. Cela n’est pas fortuit. La morale se rapporte en effet aux principes fondamentaux et intangibles sans l’observation desquels tout est déstabilisé, se désagrège. Dans notre monde chrétien, elle est synthétisée dans le Décalogue. Elle a son contraire, «l’immoralité», qui désigne l’ensemble des comportements néfastes et destructeurs.

Le mot «éthique» bien qu’originairement équivalent, n’a pas d’opposé, de ce fait se pose en absolu, la morale étant alors réduite à n’en être qu’un aspect particulier. Parler d’éthique revient à bannir tout interdit, toute limite bienfaisante au comportement de l’homme.

Nous devons désapprouver par conséquent le recours aux différents «comités d’éthique» créés en fonction des besoins, dans la mesure où ils constituent l’alibi et la caution à toutes dérives destructrice sous couvert d’une impartialité de circonstance.

Pierre Sidos, à la tribune de Présent, jeudi 6 mars 2003, numéro 5279.