Discours de Pierre Sidos avant le départ du cortège au défilé organisé par Civitas en l’honneur sainte Jeanne d’Arc, tenu le 8 mai 2016 à Paris :

Retranscription du discours en texte :

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Nous fêtons aujourd’hui la Fête Nationale de Jeanne D’Arc. Je rappelle qu’elle a été instituée en 1920, à l’initiative d’un député nationaliste, Maurice Barrès. Et néanmoins, à ce moment-là, il y avait une influence contradictoire dans le fait de situer (la fête lors du deuxième dimanche de mai), alors qu’elle était morte le 30 mai, morte à la vie habituelle, mais les saints on les fête à la date de leur vie après la mort, dans l’au-delà. Donc la vraie fête de Jeanne D’Arc devrait être fêtée le 30 mai, comme la fête de tous les saints. Et on a décidé justement par une concession, à ce moment-là, de la faire le deuxième dimanche de mai, en fait le dimanche de mai le plus près de la date du 8 mai, c’est-à-dire de la délivrance d’Orléans. Il y a donc une anomalie qu’il faudra ultérieurement, en maintenant la Fête Nationale de Jeanne D’Arc, la restituer à sa vraie date chrétienne, catholique, et non pas à une commémoration, une date républicaine.

Jeanne D’Arc invoque, parmi les messages divins, l’intervention de saint Michel et de sainte Catherine d’Alexandrie. Il faut rappeler que sainte Catherine D’Alexandrie était une des saintes les plus populaires en Europe, et notamment en France, dont il reste encore la fête des catherinettes. Mais Vatican II a décidé, et c’est extraordinaire, que la fête de sainte Catherine d’Alexandrie ne serait plus fêtée parce que l’on ignorait tout d’elle-même. C’est-à-dire que l’on a renoncé avec Vatican II au fait que sainte Catherine avait existé. Et par voie de conséquence, si elle n’a pas existé comment a-telle pu parler à Jeanne D’Arc… ?

Voyez-vous ? La grande erreur c’est de ne pas confondre la droite et la gauche. La gauche qui s’identifie au système anti-chrétien n’a pas comme contradictoire la droite, mais elle est au contraire sa complice. Quand on pense qu’effectivement, la fête de Jeanne D’Arc est une fête nationale, à l’égal de la fête du 14 juillet, du moins officiellement, et tous les présidents de la république depuis 1920 se rendaient à la statue de Jeanne D’Arc pour l’honorer, tous sans exception. Et celui qui a rompu la tradition, que le peuple français en son représentant officiel, se rendait à la statue de Jeanne D’Arc, c’est Jacques Chirac. Et depuis aucun président de la république ne s’y rend plus, pour honorer la Sainte de la Patrie, le jour d’une fête nationale décidée par l’Assemblée du même nom. Et alors l’année où l’individu prétendument de droite, Jacques Chirac, n’a pas été à la statue de Jeanne D’Arc, il se rendait à Moscou en voyage officiel, et à la stupéfaction des Soviétiques, il a demandé à aller fleurir la tombe de Lénine. Et alors les Soviétiques étaient stupéfaits, ils disaient que ce n’était pas prévu. J’ai la photo de Jacques Chirac déposant des fleurs à l’endroit où est enterré Lénine, la même année où il est le premier chef d’État à ne pas avoir honoré Jeanne D’Arc. Le même d’ailleurs qui a supprimé la conscription qui était imposée aux jeunes Français, non pas pour faire la guerre, mais ils se retrouvaient de toutes les provinces françaises. Ils s’ignoraient avant. Et le service militaire permettait justement à ce que l’on évoque ensemble, quel que soit la région et quelle que soit la classe sociale, l’honneur du service de la Patrie.

Et alors, un fait récent et extraordinaire, on a retrouvé l’anneau de la première communion de Jeanne D’Arc. C’est extraordinaire que six siècles après on retrouve un objet offert par la mère de Jeanne D’Arc à sa fille à l’occasion de sa première communion. Il est extraordinaire que cet anneau revienne en France, qu’il soit honoré par l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, sur la Place où elle est revenue. Alors, on donnait un anneau aux jeunes enfants lors de leur première communion. Je me rappelle de la mienne où l’on prêtait serment sur l’Évangile. J’en garde un souvenir extraordinaire.

Il me revient en mémoire le fait que l’Empereur Napoléon 1er, qui avait rétabli le catholicisme en France après la Révolution, auquel on posait la question : « Sire, quel est le plus beau jour de votre vie ? », et alors les maréchaux autour de lui avançaient : « C’est le jour d’Austerlitz. », « C’est le jour du Couronnement. ». Et l’empereur répondait : « Non, c’est le jour de ma première communion ». C’est extraordinaire. Et c’est le même Napoléon 1er, parce que l’on cite beaucoup de choses le concernant, mais on oublie principalement des choses capitales pour Jeanne D’Arc. La municipalité d’Orléans s’était adressée à lui parce que la Révolution de 1789 avait supprimé le culte des saints et notamment de Jeanne D’Arc, et en interdisant tout appel aux Orléans, etc. Et alors il y a une lettre magnifique de Napoléon à la municipalité d’Orléans qui dit : « Jeanne a prouvé qu’il n’était rien d’impossible au peuple français lorsque son indépendance était menacée ». Et bien, la nôtre est plus que menacée. Je puis vous assurer de par mon âge, j’ai seulement quatre-vingt-dix ans, j’ai connu l’occupation allemande, on ne fouillait pas les sacs des dames et on avait encore le droit d’être français, malgré cette occupation, qui par rapport aux effets actuels, est incomparable à ce que nous subissons.

Il y avait deux statues de Jeanne D’Arc en Algérie. Et l’Algérie était touchée dans le cœur de tous les Français. Je me rappelle que mon père y est né, que j’y ai fait mon service militaire. Il y avait deux statues de Jeanne D’Arc en Algérie, une à Alger et l’autre à Oran. Et dans la débandade générale, malgré les instructions, il s’est trouvé des militaires français pour ramener ces deux statues en France. La statue de Jeanne D’Arc d’Oran est à Caen, la statue d’Alger est à Vancouver.

Et alors qu’est-ce que nous avons à préparer, et j’en remercie Monsieur Escada, c’est la Neuvième Croisade. J’en parlais au dernier dîner de Rivarol. La Huitième malheureusement a échouée, c’était celle de saint Louis. On a à reprendre et à réussir la Neuvième Croisade chrétienne et d’inspiration française, aussi bien dans notre pays que dans toute l’Europe.