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Le combat nationaliste :

Nous ne sommes pas plus avancés qu’il y a quelques mois. Les «anciens» de la quatrième république sont devenus les «nouveaux» de la cinquième. Ces «hommes nouveaux» n’ont pour toute nouveauté que d’avoir été élus députés, mais ils ne sont pas nouveaux sur la scène et les coulisses du régime. Ce sont soit de perpétuels candidats de toutes les élections, jusqu’alors régulièrement battus ; soit des membres de l’Assemblée secondaires : Conseil de la république, Conseil sur l’Union Française, Conseils généraux ; soit des membres de cabinets ministériels ; soit encore d’anciens députés recalés en 1956. Avec eux, la république continue et avec elle la décadence de la France.

L’Europe est à moitié conquise par le communisme. L’Asie également. L’Afrique est en voie d’être balayée par l’Islam et les Européens en sont chassés. Or, privée de l’Afrique, l’Europe ne peut pas vivre, l’économie européenne se trouvant alors à la merci de l’Asie. Rappelons-nous de Suez. Par suite des accords de Yalta, la frontière asiatique est maintenant à moins de sept cents kilomètres de Paris, capitale de l’Occident. L’Asie occupe la moitié de l’Europe.

Les États-Unis complètement abrutis par la démocratie commettent erreur sur erreur, sans en reconnaître aucune, et l’Américain moyen («cet enfant de douze ans», comme l’indique le docteur Alexis Carrel) ne comprendra jamais rien à ce qui lui arrive.

On voit la tâche gigantesque et ardue qui incombe aux nationalistes français : créer un État nouveau en France, une forteresse de la civilisation blanche, en attendant qu’à son exemple les nations d’Europe se rassemblent, rejettent le matérialisme dans les steppes de l’Océan, s’opposent victorieusement à la montée des peuples de couleur, reprennent leur place à la tête de l’humanité pour échapper au chaos qui guette notre planète.

Les nationalistes français, groupés en un seul parti de combat, balaieront tout. Dès que possible, ils passeront à une action méthodique dont le but est la réhabilitation de l’homme occidental au sein d’une société renouvelée où une économie organique sera mise au service de la communauté. L’économie actuelle disparaîtra. Elle ne permet pas au travailleur l’accès de la propriété, mais le réduit au rang de prolétaire, c’est-à-dire à un type d’individu qui n’a pour toute fortune que ses deux bras.

Notre Nation, notre conception de l’existence, ne peuvent s’épanouir dans le système politique actuel. Méthodiquement, les nationalistes français écraseront tous les partis parlementaires qui asservissent notre peuple. Ce n’est donc pas contre un parti du régime en particulier qu’ils lutent. C’est le régime tout entier – la république – qu’ils veulent renverser et qu’ils remplaceront au plus tôt par un État sans étatisme faisant une politique sans politiciens.

Mais dans l’immédiat que voyons-nous ?

La nouvelle chambre ne répond pas aux espoirs de De Gaulle. Celui-ci, en vieux politicien roublard, désirait jouer le rôle d’arbitre entre les trois grandes fonctions qui, d’après ses plans, auraient dû se partager la Chambre : une gauche, un centre et une droite égale .

Il se trouve que le P.C. perd un nombre considérables de sièges, que la S.F.I.O. est sévèrement diminuée et que l’Assemblée compte en fait un conglomérat bizarre, s’affirmant plus gaulliste que De Gaulle lui-même, et que la pensée populaire place «à droite».

On a immédiatement parlé de poussée nationale, voir de poussée nationaliste.

Le danger apparaît pour nous aussitôt. Cette Assemblée qui se trouve devant des problèmes à la gravité accrue, tant sur le plan social et financier que sur celui de l’Algérie, sera tout aussi incapable que les précédentes d’y apporter une solution. Les hommes de gauches rejetés du parlement et en particulier les communistes vont entreprendre dans le pays une vigoureuse agitation dont le but sera de montrer l’incapacité d’une Chambre et de gouvernements «nationaux» à résoudre les problèmes, ce qui entraînera immanquablement une hostilité populaire à la nouvelle Assemblée et une sympathie envers ceux qui l’auront combattue.

D’où le danger de voir après l’actuelle vague «nationale», une vague marxiste prélude à un Front Populaire nouveau style.

C’est pourquoi toute l’agitation et la propagande que nous devons faire doit avoir pour but :
1° de monter notre hostilité profonde au régime et à l’Assemblée actuelle, afin que nous, nationalistes, ne soyons pas confondus avec les actuels profiteurs du pouvoir ;
2° de présenter nos caractéristiques révolutionnaires tant par notre conception intransigeante de la lutte, par notre conception de l’État nationaliste et par la révolution sociale que nous voulons faire.

Plus que jamais, affirmons notre hostilité au régime et à tous ces représentants.
Affirmons que nous ne sommes : ni gaullistes, ni communistes, mais nationalistes Français.
Affirmons enfin que nous sommes face à la droite parlementaire le Parti Nationaliste des travailleurs français.

Pierre Sidos – Jeune nation, N°12, 11 au 24 décembre 1958 (bimensuel).

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