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Les portes de l’avenir :

L’occasion est belle de proclamer bien haut qu’il y a quelque chose de changé puis-qu’aucune élection générale n’a jamais été aussi féconde en satisfactions immédiates.

A-t-on jamais vu un résultat électoral où tant d’ennemis de l’intérieur soient éliminés des travées de la Chambre et par conséquent des allées du Pouvoir ? Alors peut-on espérer de mieux que le recul du communisme qui ne conservera qu’une représentation parlementaire extrêmement restreinte ? Que désirer d’autre que le black-boulage du Mendès, éloigné pour longtemps d’un rôle d’une quelconque importance ? À quoi servirait d’attendre un grand changement par l’intermédiaire d’un État nouveau instauré de haute lutte et prenant totalement en main nos destinées nationales alors que de très bons résultats peuvent être obtenus sans effort et sans heurt grâce à un certain nombre d’électeurs désireux d’une «nouvelle république» servie par une majorité d’élu rénovés sinon entièrement neuf ?

Toutes ces réflexions seraient à moitié acceptables sans les précédents, pas tellement éloignés, qui nous contraignent en cette occasion de rappeler que nous croyons plus à la survie de la Nation française dans le cadre du régime parlementaire. Nous avons le devoir de dire que la France s’enfonce chaque jour davantage dans le marasme économique, la déchéance culturelle, la décadence nationale alors que les illusions électorales périodiques maintiennent en fait notre peuple dans un état de sujétion lamentable et dans une situation d’infériorité manifeste et insurmontable dans le cours actuel des choses.

Le refus global d’une telle situation est nécessaire pour remettre debout un grand peuple trop longtemps tenu à genoux par l’acceptation successive du poison des illusions électorales. Et nous déclarons que l’établissement d’un État nationaliste à la place de la république parlementaire est la seule solution finale, logique et historique qui soit digne des aspirations et des efforts des meilleurs éléments d’un peuple qui mérite respect.

La situation est claire et sans équivoque. D’une part les défenseurs de la civilisation blanche, du nationalisme français, de l’œuvre impartiale, du corporatisme communautaire ; d’autre part les tenants du parlementarisme, appelée aussi légalité républicaine, de l’uniformisation à tout prix et par en bas, de la mystification de l’économie libérale ou de la fonctionnarisation effrénée, des abandons perpétuels, avoués ou déguisés. L’opposition est définitive, irrévocable.

Au pouvoir défaillant ou malfaisant de l’État actuel, le nouveau nationalisme français veut substituer une autorité absolue, restaurer une force publique indiscutable. Aux vagues notions de l’actuel patriotisme de pacotille, aux inepties du pacifisme creux, apeuré, désuet et maladif, qui nous mène aux catastrophes, il oppose la doctrine de la Seconde Révolution Française, basée sur les enseignements de l’histoire, sur notre psychologie propre, nos besoins, nos inspirations et notre idéal. Il veut le parfait épanouissement de notre peuple dans toutes ses activités, la mise en œuvre de toutes ses virtualités, l’entrée de plein pied de notre Nation française, impériale et européenne, dans l’histoire nouvelle. Il veut que les forces économiques soient mises au service de la Nation et ne plus servir exclusivement à engraisser quelques mercantis de la haute finance internationale et métèque. Sa volonté révolutionnaire est en tout point valable, incontestable, réaliste et excellente.

Quand on sait que le «tombeur» de Mendès, M. Rémi Montagne a déclaré au lendemain de son élection : «Le gaullisme, pour moi, ce n’est pas une politique mais un état d’âme, sorte d’attachement à un certain nombre de valeurs», quand on pense qu’il a répondu à un journaliste qui lui posait la question : «Et quelle politique préconisez vous en Algérie ?» – «Je suis partisan d’une formule libérale en Algérie… Ma politique est celle des dernières déclarations de De Gaulle» ; on comprend que le présent nous répugne. L’avenir est à nous. Mais les portes ne s’ouvriront pas toute seules, il faudra les enfoncer. Nous ne trahirons pas notre vocation : rendre à la France son bonheur, sa grandeur et son honneur.

Pierre Sidos – Jeune nation, n°11, du 27 novembre au 10 décembre 1958. Bimensuel nationaliste d’information.

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