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Le nouveau «système»

Ce que nous voulions – et avec nous l’immense majorité de nos compatriotes des deux rives de la Méditerranée – c’était un État nouveau en droite ligne du magnifique mouvement de rénovation du 13 mai à Alger.

Ce que nous avons, malgré une grande illusion, c’est un nouveau «système» issu du respect ridicule d’une procédure désuète d’un régime périmé. Ce que le Pays attendait, c’était un gouvernement national de Salut Public animé par des hommes nouveaux aux idées nettes et franches.

Ce qu’il a eu, est une combinaison ministérielle comprenant quatorze parlementaires dont trois anciens présidents du Conseil, tous foncièrement hostiles aux idéaux de la Révolution d’Alger.

Ce que les Français exigeaient, c’était la mise à la porte du parlementarisme ; la fin de la mascarade du Palais-Bourbon.

Ce qu’ils ont, c’est la perspective d’une grande rentrée parlementaire à l’automne avec une comédie électorale en octobre et une autre en novembre, l’ensemble présenté comme un bienfait inestimable.

Ce que la France et son armée espéraient, c’était le coup d’arrêt final à la politique d’abandon et l’affirmation des positions françaises dans toute l’Afrique du Nord.

Ce qu’ils constatent, avec l’abandon des postes au Maroc et des aérodromes de Tunisie, c’est le début d’un second Brazzaville.

Ce que la Métropole et l’Algérie désiraient, c’était des informations françaises accordant la connaissance des nouvelles avec l’intérêt national.

Ce qu’on leur impose, ce sont des chroniqueurs mendésistes à la Radio : c’est une bande d’actualités relatant le premier voyage du général de Gaulle en Algérie, où en un quart d’heure, les mots «Algérie française» ne sont pas prononcés une seule fois par le commentateur : c’est toujours l’abominable presse quotidienne de Paris a la merci des marxistes de toutes obédiences et d’affairistes de toutes origines.
Notre insatisfaction est totale.

Entre nous et les méthodes, les idées, les hommes d’hier et d’aujourd’hui, il n’y a rien de commun.

Encore une fois proclamons donc que ce ne sont ni les mortelles habitudes parlementaires, ni le bonnet phrygien, qui rendront à la France sa place de grande nation.

Ce n’est que par la Croix Celtique et le béret de parachutiste que la France sera sauvée.

Pierre Sidos – Jeune Nation, n°1 du 5 au 18 juillet 1958, bimensuel parisien.